Accueil historique  

Accueil Nemeton 

lignées apostoliques  


 premiers chrétiens
en Bretagne 



  L'antique église
celtique et
sa restauration 1 



  L'antique église
celtique et
sa restauration 2 



 L'antique église
celtique et
sa restauration 3 



 naissance de
la lignée d'Avallon 





L'ANTIQUE EGLISE CELTIQUE ET SA RESTAURATION


Monographie rédigée par l'évêque ILTUD, responsable de l'église celtique en Bretagne.(Suite)



RESTAURATION DE L 'ANTIQUE EGLISE CELTIQUE

A travers les divers courants catholiques, tels que bénédictins et cisterciens, ou encore les chanoinesses de Remiremont, lointaines descendantes des moniales de sainte Brigitte de Kildare (9), ou encore par des courants issus de la Réforme , on trouverait sans peine une persistance "celtique". Mais il fallut attendre 1866 pour une restauration "canonique" de l'antique Église celtique -n'oublions pas d'ailleurs que l'époque de la celtomanie y prédisposait naturellement-
C'est un prêtre dominicain français, le R. Père Jules Ferrette qui fut à l'origine de cette restauration. Il avait été missionnaire au Moyen-Orient, et il fut consacré évêque par le patriarcat Syro-Jacobite d'Antioche et canoniquement nommé : « évêque pour l'île d'Iona et ses dépendances », titre choisi en connaissance de cause du fait de l'importance capitale que tint cette petite île écossaise, haut-lieu monastique, dans l'histoire de l'expansion des chrétientés celtiques(10).

En 1874, Mgr Jules Ferrette consacra le clergyman, militant gallois, Richard Williams Morgan(+1899); sous le nom de Mar Pélage(11), premier patriarche de l'ancienne église celtique autocéphale restaurée. Son successeur actuel, depuis 1945, est le patriarche Mgr Georgius (Hugues Georges de Willmott-Newman) (12) de Glastonbury qui, par humilité, a pris le titre d'archevêque-apostolikos de l'Église orthodoxe des îles britanniques. La restauration en Bretagne se fit par des voies différentes.

Elle commença seulement en 1955, par l'installation à Saint-Dolay, dans le Morbihan, près de la Roche-Bernard, d'un ermite, nommé Jean-Pierre Danyel, breton d'origine malouine, bien que né en Normandie. On ne peut nier l'influence, somme toute favorable pour son orientation celtique, qu'eurent sur lui quelques militants bretons et l'aumônier de l'Église Catholique Orthodoxe de France à Rennes, le Père Patrick Gérard. Toujours est-il que, le 22 novembre 1955, en la fête de saint Colomban, Jean-Pierre Danyel -qui avait pris le nom de Tugdual(13)- décidait de restaurer l'Ordre des Moines de saint Colomban. L'année suivante, il était béni abbé par un archevêque gallican et enfin, en 1957, il était consacré évêque dans l'Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique, par un archevêque gallican, un archevêque ukrainien et un évêque suisse, avec mission canonique précise « de présider à l'entière restauration de la Sainte Église Celtique, avec ses rites, son monachisme, sa culture et ses coutumes celtiques » .

Malgré l’éloignement, hors des voies principale de communication, l'ermitage de Sa Blancheur Tugdual (14) était abondamment visité par toutes sortes de fidèles , attirés les uns par l'insolite, les autres par l'esprit mystique qui soufflait en ces lieux, d'autres par la recherche mystique, d'autres encore pour les dons d'exorciste et de thaumaturge du nouvel évêque celte.
C'était une forte personnalité, d'une très grande culture, ayant étudié successivement les théologies romaine réformées et orthodoxe. Excellent liturgiste, il est l'auteur d'une très belle grandes liturgie néo-celtique(15) qu'il affectionnait particulièrement et célébrait, entièrement chantée pendant deux bonnes heures, et de trois petites liturgies adaptées et complètes.
Ses conceptions ecclésiales devançaient déjà les idées qui allaient se faire jour au concile romain de Vatican II, ce qui ne l'empêchait pas de prévoir l'issue du concile, les fissures de l'église romaine, et de dénoncer le faux oecuménisme des églises dominantes. Philosophe et poète de surcroît, il écrivit de nombreux textes sous pseudonyme. Son abord, parfois sévère et cassant, cachait un homme au coeur d'or et ceux qui n'avaient pas la patience de le découvrir pour mieux l'apprécier risquaient fort d'être découragés. C'est ainsi que, sur les derniers temps de sa vie, il s'aliéna presque tous ses fidèles et amis et se replia délibérément sur sa vie érémitique.

Parfaitement conscient des difficultés de l'oeuvre de restauration qu'il avait entreprise en Bretagne, il n'ignorait pas la restauration réalisée en Grande-Bretagne et il avait chargé ses auxiliaires Gall et Iltud d'établir le contact. Ce contact était déjà établi en 1968 lorsque S.B. Tugdual fut brutalement emporté par une brève maladie. Les conditions précaires de sa vie ascétique et l'humidité de sa retraite du Bois-Juhel étaient venu à-bout d'une constitution déjà minée par cinq années de captivité de guerre. L'enterrement fut célébré par Mgr Gall au cimetière de Nantes.

Personnage controversé en raison de son caractère excessif, il n'en reste pas moins que S.B. Tugdual fut le pionnier de la restauration de l'Église celtiques en Bretagne.
Le contact avec les Frères de Grande-Bretagne fut sanctionné par une confirmation solennelle des ordres sacrés des évêques bretons Gall et Iltud et par la reconnaissance canoniques de l'Église celtique en Bretagne, comme église autocéphale, sous la haute protection de Sa béatitude le patriarche Mar Georgius de Glastonbury. Ainsi la restauration de l'église celtique en Bretagne était-elle homologuée et cautionnée par l'église celtique de Grande-Bretagne.

Alors que S.B. Tugdual avait surtout touché les milieux ruraux de la Bretagne Gallo, voilà que le centre de gravité de 1'Église celtique en Bretagne allait bientôt se déplacer en Trégor bretonnant, avec l'installation dans le village des Sept-Saints d'une communauté de moines Colombaniens qui n'allait pas manquer de faire parler d'elle, en particulier à cause de l'utilisation de la très belle chapelle du lieu, autorisée tout d'abord par les autorités civiles et religieuse , puis brutalement interdite par évêque romain de Saint-Brieuc.

Une nouvelle caractéristique de l'Église celtique, est l'afflux de jeunes, venant de partout. Un effort sérieux de recherches liturgiques fut entrepris en breton et en français et de nombreux textes et chants liturgiques furent édités en langue bretonne, et notés en grégorien.

La, communautés, devenue rapidement trop étroite, essaime : un nouveau moûtier se fonde en Anjou, le « Mouster Wenn » puis l'Ordre Monastique Celte des Chanoinesses Colombanites et du Sangréal et plusieurs petites communautés familiales rurales dispersées ; tandis qu'aux sept-Saints se crée, en 1970, un épiphénomène de l'église celtique : « L'Ordre Monastique d'Avallon ».



Suite